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Accueillir l’extraordinaire

Un accompagnement clinique du deuil et des vécus subjectifs inhabituels, présenté avec prudence et sans interprétation imposée.

Pratique de méditation en extérieur

Quand la clinique rencontre ce qui dépasse nos modèles habituels de compréhension.

« Certaines expériences ne viennent pas confirmer ce que nous savons déjà. Elles nous invitent à élargir notre manière de comprendre l’être humain et la vie. »

Depuis plus de dix ans, une dimension particulière s’est progressivement imposée dans ma vie et dans ma pratique clinique : les expériences de contact avec des personnes décédées.

Je ne les ai pas cherchées. Elles se sont invitées dans mon existence personnelle, puis, au fil des années, dans l’accompagnement des personnes endeuillées que je reçois en consultation.

Ces expériences, aujourd’hui appelées Vécus Subjectifs de Contact avec un Défunt (VSCD), acronyme donné et décrites par le Dr Christophe Fauré et Stéphane Allix.

Elles concernent des personnes de tous âges, de toutes cultures et de toutes croyances. Pour beaucoup, elles constituent un tournant majeur dans leur cheminement de deuil.

Un chemin personnel devenu chemin clinique

Avant d’être un sujet d’étude ou un objet de recherche, cette réalité a profondément transformé ma propre vie.

Ces vécus ont bouleversé ma compréhension de la conscience, du lien qui unit les êtres et de la manière dont la mort transforme la relation sans nécessairement y mettre fin.

Comme psychologue, j’ai d’abord tenté de comprendre ces expériences à travers les modèles que j’avais appris.

Puis j’ai compris qu’elles ouvraient des questions auxquelles nos connaissances actuelles et la science moderne ne répondaient pas entièrement. J’ai alors choisi de ne pas les écarter. J’ai choisi de les observer. De les étudier. Et surtout, de les accueillir.

Cette expérience personnelle nourrit aujourd’hui profondément ma manière d’accompagner les personnes confrontées au deuil.

Non parce qu’elle remplace mes compétences de psychologue, mais parce qu’elle m’a appris à écouter autrement ; à accueillir sans juger ; à laisser une place à ce qui dépasse parfois nos modèles habituels de compréhension.

Une pratique clinique engagée

Au fil des années, j’ai constaté que de nombreuses personnes endeuillées vivaient spontanément des expériences comparables. Certaines percevaient une présence. D’autres rapportaient un dialogue intérieur particulièrement vivant. D’autres encore décrivaient une véritable rencontre avec leur défunt.

Très souvent, elles n’osaient en parler à personne. Par peur d’être jugées. Par peur d’être considérées comme fragiles ou délirantes. Souvent l’argument avancé est que ce serait dû à leur désir d’être en lien avec leurs défunts. Ce qui est un argument qui ne tient pas car alors tout le monde ferait un VSCD.

Dans mon cabinet, ces expériences trouvent un espace d’écoute. Je les accueille avec le même sérieux que toute autre expérience humaine. Parce qu’au-delà de la question de leur nature, je constate chaque jour leur puissance de transformation.

Le protocole EMDR et Communication avec un défunt

Afin d’approfondir cette pratique, je me suis formée en 2023 auprès de la psychologue belge Evelyne Josse au protocole EMDR et Communication avec un défunt, développé dans la continuité des travaux du psychologue américain Allan Botkin (Induced After Death Communication – IADC).

Ce protocole est proposé principalement dans l’accompagnement des deuils traumatiques :

  • décès brutal ;
  • accident ;
  • suicide ;
  • deuil périnatal ;
  • décès d’un enfant ;
  • situations laissant un profond sentiment d’inachevé.

Au cours de certaines séances, des personnes vivent une expérience qu’elles décrivent comme une véritable communication avec leur proche décédé.

Ces expériences surviennent dans un cadre thérapeutique sécurisé. Elles ne sont ni suggérées ni imposées.

Lorsqu’elles émergent, elles apportent très souvent un profond apaisement, permettent de transformer le lien avec le défunt et facilitent la résolution de deuils particulièrement traumatiques.

Aujourd’hui, cette approche occupe une place importante dans ma pratique. Je ne l’utilise pas comme une technique supplémentaire. Je l’intègre naturellement dans mon accompagnement, parce qu’elle s’inscrit dans un chemin personnel, une expérience clinique de plus de dix ans et une formation spécifique.

Une recherche qui évolue

Depuis plusieurs décennies, les VSCD, les expériences de mort imminente (EMI), les expériences de fin de vie et les états de conscience modifiés font l’objet de nombreuses recherches, notamment dans les pays anglo-saxons.

Des équipes universitaires en psychologie, psychiatrie, médecine et études sur la conscience explorent aujourd’hui ces phénomènes avec des méthodologies de plus en plus rigoureuses.

À mes yeux, nous sommes à un moment important de cette recherche. À un tournant. Nous passons de décennies de matérialisme à une pensée post-matérialiste qui intègre d’autres perspectives et fait des ponts entre les différents savoirs.

Je suis convaincue que les années à venir permettront d’approfondir notre compréhension de la conscience et d’éclairer davantage ces expériences qui accompagnent l’humanité depuis toujours.

Une approche en cohérence avec la Thérapie Sattva, qui est ma philosophie du soin

La Thérapie Sattva repose sur une conviction profonde :

La clinique doit rester ouverte à l’expérience humaine.

Les théories sont indispensables.

Elles organisent notre compréhension.

Mais elles ne doivent jamais empêcher le clinicien d’accueillir ce que les personnes vivent d’inexpliqué.

Je considère aujourd’hui que les vécus de contact avec un défunt font partie de ces expériences humaines qui méritent d’être entendues avec respect, compétence et discernement.

Non parce qu’elles correspondent à une croyance. Mais parce qu’elles transforment profondément la vie de nombreuses personnes.

Ma position

Je n’attends pas que toutes les réponses soient connues scientifiquement pour accueillir ce qui apaise profondément les personnes que j’accompagne.

Au regard de mon expérience personnelle, et des nombreux accompagnements réalisés, je considère que les vécus de communication avec un défunt constituent un phénomène authentique, porteur de sens et profondément transformateur pour les personnes qui les vivent.

C’est pourquoi ils occupent aujourd’hui une place pleinement assumée dans ma pratique clinique du deuil.

Parce qu’accompagner, c’est parfois accepter que l’expérience humaine soit plus vaste que les modèles dont nous disposons pour la comprendre.

« La clinique m’a appris que certaines des plus profondes transformations naissent précisément là où nos certitudes s’arrêtent. Mon rôle n’est pas de refermer ces espaces de mystère. Il est d’y accompagner les personnes avec rigueur, humanité et confiance. »

Jasin Nisha Shaikh
Psychologue clinicienne – Psychothérapeute
Fondatrice de la Thérapie Sattva